Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

La Maison Zoé-Blais, une œuvre des Sœurs du Bon-Pasteur de Québec

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Soeurs du Bon-Pasteur de Québec

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Historique général


La Maison Zoé-Blais, située à Vanier
© IPIR 2011, soumis à copyright

Engendrée par la nécessité, l’œuvre des Sœurs du Bon-Pasteur s’est consacrée, dès sa fondation, aux prisonnières, aux orphelins, aux mères célibataires et à leurs enfants, ainsi qu’aux femmes et adolescentes en difficulté. Dès 1850, l’Asile Sainte-Madeleine, œuvre de la fondatrice Marie-Josephte Fitzbach, accueille des femmes en difficulté sortant de prison. Depuis, la congrégation continue de répondre aux besoins de différentes clientèles. Bien que la communauté doive redéfinir ses champs d’apostolat avec le début des années 1960, l’œuvre sociale des religieuses n’est pas pour autant terminée. À l’aube des années 1980, les sœurs s’engagent dans de nouveaux projets, sous l’égide de la congrégation, en partenariat avec d'autres communautés religieuses ou avec des organismes au service des personnes dans le besoin.

Fondée en 1984, la Maison Zoé-Blais est ainsi née de l’urgence de répondre aux besoins de familles en difficulté, particulièrement à Vanier — à l’époque Québec-Ouest. Zoé Blais, devenue Mère Saint-Joseph, était l’une des premières collaboratrices de Marie-Josephte Fitzbach et s’est dévouée aux femmes en difficulté dès les premières heures de la communauté. En 1984, sœur Liliane Delisle, en collaboration avec la congrégation, travaille à l’instauration d’un centre de jour pour femmes monoparentales ou à faible revenu. En 1997, à l’arrivée de sœur Nicole Daigle comme directrice, la maison accueille un nombre grandissant d’immigrantes venues s’installer dans la région. L’organisme diversifie son mandat d’aide aux femmes depuis quelques années afin de s’adapter à cette nouvelle réalité.

Description


Fruits et légumes offerts lors du service de comptoir alimentaire
© IPIR 2011, soumis à copyright

Sœur Nicole Daigle, directrice de la maison, et sœur Raymonde Dumont, responsable du comptoir alimentaire et du vestiaire, travaillent quotidiennement à la Maison Zoé-Blais, assistées de deux employées et de plus d’une quarantaine de bénévoles. Elles bénéficient également de la participation et de la générosité du personnel religieux de la Maison Notre-Dame-de-Recouvrance, d’organismes tels que Moisson Québec et d'autres donateurs importants. Elles reçoivent de plus le soutien des Sœurs du Bon-Pasteur de Québec depuis plus de vingt-sept ans.

La mission première de la Maison Zoé-Blais consiste à venir en aide aux femmes en situation de pauvreté ou de difficulté. Un accueil chaleureux, l’écoute et le soutien, de même que la mise en valeur des ressources personnelles de chacune, apparaissent comme des objectifs primordiaux. La Maison Zoé-Blais venant en aide à une clientèle très variée, il importe que le personnel de la maison prenne le temps de comprendre et d’évaluer les besoins de chacune. Accueillant plus de onze nationalités différentes en 2011, la langue apparaît parfois comme un obstacle important et nécessite une écoute plus attentive.


Afin de soutenir les femmes en difficulté, la Maison Zoé-Blais offre un service de comptoir alimentaire et de vestiaire. Pour y avoir droit, les bénéficiaires doivent s’inscrire et participer à une des activités gratuites de la maison. Des ateliers de couture, de tricot, de tissage, de bricolage et de cuisine sont, par exemple, organisés chaque semaine. L’organisme propose également un atelier de français ainsi qu’un atelier de préparation à l’examen de citoyenneté, formations apparues suite à l’augmentation du ratio d’immigrantes bénéficiant des activités. Un service de garderie est de plus offert, les femmes ayant la possibilité d'y laisser leurs enfants pendant les ateliers. Étant inscrites et participant aux cours, les femmes peuvent profiter, chaque mercredi, du service d’aide alimentaire et du vestiaire. Accompagnées de bénévoles, elles choisissent fruits, légumes, denrées et vêtements. Des activités telles qu’une épluchette de blé d’Inde, des fêtes à l’occasion de l’Halloween, de Noël, de la Saint-Valentin et du Carnaval, une exposition d’artisanat, un dîner des bénévoles et une sortie à la cabane à sucre sont organisées ponctuellement dans l’année.

Enfin, il importe que chaque femme sollicitant les services de la Maison Zoé-Blais puisse être accueillie chaleureusement. Le personnel de la maison travaille ainsi depuis plusieurs années à offrir un lieu de ressourcement et un avenir meilleur et prometteur à ces femmes. Leurs actions quotidiennes apparaissent souvent déterminantes pour les familles soutenues par l’organisme. Certaines ayant bénéficié des bons services de la Maison Zoé-Blais y reviennent pour remercier les employées et bénévoles et partager leur cheminement. Les activités et ateliers s’avèrent non seulement des moyens privilégiés pour valoriser le talent et la créativité de chacune, mais se présentent aussi comme des vecteurs d’intégration, d’échanges et de rencontres.

Apprentissage et transmission


Vente de gâteaux à la Maison Zoé-Blais au profit des activités
© Archives des Soeurs du Bon-Pasteur de Québec

Conscientes de l’absence de relève, de la moyenne d’âge élevée de leurs membres et du possible essoufflement de leurs pratiques et œuvres sociales, les Sœurs du Bon-Pasteur de Québec travaillent en étroite collaboration avec une équipe de bénévoles. Leur dévouement est d’ailleurs essentiel à la survie d’une œuvre telle que la Maison Zoé-Blais. Bien que la plupart des bénévoles soient retraités, la congrégation espère que leur travail pourra assurer la continuité de l'œuvre et transmettre ses valeurs. L’acquisition d’une plus grande autonomie chez les femmes venues chercher de l’aide, leurs progrès et la satisfaction qu’apporte le contact humain sont autant de facteurs qui permettent aux bénévoles impliqués de s’épanouir tout en aidant les autres.

Localisation

Municipalité: Québec
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
Lieu: Maison Zoé-Blais, 240, rue Gauvin, Québec, G1M 1Y7
Téléphone: 418-527-2894
Télécopieur: 418-527-2377
Site Web: http://www.soeursdubonpasteur.ca/

Source

Sœurs Nicole Daigle et Raymonde Dumont
Titre, rôle et fonction : Sœur Nicole Daigle travaille d’abord à la Maison Notre-Dame-de-la-Garde, établissement tenu par les Sœurs du Bon-Pasteur, à Cap-Rouge, puis au Centre d’accueil L’Escale, également dans cette ville. Toutefois, dès 1975, le ministère des Affaires sociales prend en charge ces institutions gérées par la congrégation. Sœur Nicole Daigle est ensuite nommée directrice d’une résidence pour étudiantes du Cégep à St-Augustin, fonction qu’elle occupe pendant neuf ans. Parallèlement, elle complète une formation technique en éducation spécialisée et des études en théologie. Depuis 1997, elle se consacre à l’œuvre de la Maison Zoé-Blais. Âgée de 47 ans, sœur Raymonde Dumont chemine quant à elle dans la communauté des Sœurs du Bon-Pasteur depuis 2001. Elle a intégré officiellement la congrégation le 15 août 2011, lors de la cérémonie des vœux perpétuels.
Lien avec la pratique : Arrivée comme directrice en 1997, sœur Nicole Daigle travaille à la Maison Zoé-Blais depuis une quinzaine d’années. Depuis son entrée dans la congrégation, en 2001, sœur Raymonde Dumont travaille principalement à la Maison Zoé-Blais, auprès des femmes en difficulté et en situation de pauvreté. Elle y est responsable du comptoir alimentaire et du vestiaire.

Enquêteurs : Marie Renier, Valérie Vachon-Bellavance
Date d'entrevue : 19 octobre 2011


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: