Aider les malades et les démunis: le foyer et l'infirmerie des Servantes de Notre-Dame, Reine du Clergé — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Aider les malades et les démunis: le foyer et l'infirmerie des Servantes de Notre-Dame, Reine du Clergé

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Rimouski
Communauté religieuse: Servantes de Notre-Dame, Reine du Clergé

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Historique général


Les soeurs travaillant à l'infirmerie
© Archives des Servantes de Notre-Dame, Reine du Clergé, soumis à copyright

Mère Marie-Anne Ouellet, fondatrice de la Congrégation des Servantes de Notre-Dame, Reine du Clergé a insisté sur le rôle des religieuses auprès des personnes plus démunies, handicapées et  malades. Ainsi, la Congrégation instaura à la maison mère un foyer pour les gens dans le besoin et une infirmerie pour les soeurs malades.

C'est en 1943, que fut fondé ce foyer appelé l’Hospice Marie Reine du Clergé. Au début, la communauté offrait parfois gratuitement l'hébergement, des soins et de l’accompagnement à ces personnes.  En 1964, lors de son agrandissement, l’hospice changea de nom pour Foyer Marie Reine du Clergé. L’année suivante, avec l'agrandissement de l'infirmerie, le foyer déménagea au nouveau pavillon. À partir de 1965, un comité du service social, dont une religieuse Servante de Notre-Dame, Reine du Clergé était membre, assurait le placement des patients au Foyer. Le 28 janvier 1976, le Foyer Marie Reine du Clergé changea officiellement de nom et devint "Centre d'Accueil de la Vallée", après ententes avec le Ministères des Affaires Sociales. En 1983, la direction fut confiée à un directeur laïc.


En 1992, à cause de l’augmentation du nombre de bénéficiaires et de l’incapacité des infirmières de la communauté à répondre aux besoins du Foyer et de l’infirmerie, la construction d’un centre d’hébergement et de soins longue durée au village s’avéra essentielle.  Ce centre nommé Résidence Marie-Anne Ouellet est situé tout près de la maison mère. Cependant, les religieuses ont cédé leur place aux infirmières laïques pour s’occuper des bénéficiaires de ce nouveau centre.

L’infirmerie a été fondée dès le commencement de la communauté pour soigner les sœurs malades. Entre les années 1960 et 1970, l’infirmerie a subi plusieurs transformations. L’infirmerie est encore gérée par les religieuses. Néanmoins, ce sont des infirmières et des préposés laïcs qui offrent les soins aux sœurs malades puisque les religieuses ne sont plus en mesure d'assumer ces tâches. 

Description


Instruments utilisés au foyer
© IPIR 2011, soumis à copyright

Les religieuses assuraient les soins au Foyer et à l’infirmerie. Pour leur faciliter la tâche, elles avaient avaient recours  à l’embauche d’employés laïcs. Elles disposaient des équipements hospitaliers nécessaires à leurs tâches. Les religieuses infirmières accompagnaient le médecin lors de ses visites régulières auprès des bénéficiaires et des religieuses malades. Pour répondre à leur charisme, les religieuses offraient aux bénéficiaires des rencontres avec l’aumônier. Les bénéficiaires avaient la possibilité de venir aux Eucharisties quotidiennes. Une ambiance familiale régnait et une présence jour et nuit était assurée.

Avant d’être accueillies à l’infirmerie, les sœurs résident à la pré-infirmerie qui compte 16 places. Ensuite, le comité d’orientation formé des chefs d’unité, de la supérieure de l’infirmerie, de la pré-infirmerie, de la supérieure de la soeur concernée et de la supérieure générale analyse l’état de santé de la sœur et l'oriente selon sa condition, soit à la pré-infirmerie ou à l'infirmerie qui peut accueillir actuellement 26 religieuses. 

Même si les Servantes de Notre-Dame, Reine du Clergé n’offrent plus les soins infirmiers, elles accompagnent spirituellement leurs sœurs malades et ce jusqu’à la fin. Lorsque le médecin annonce la phase terminale d’une sœur et que sa maladie ne nécessite pas d’hospitalisation, les religieuses ou une employée laïque, demeurent constamment au chevet de la religieuse malade. L’accompagnatrice de la mourante lui tient la main et prie afin qu’elle sache qu’elle n’est pas seule. De plus, quand cela est possible, le prêtre assiste la mourante lors de ses derniers moments. C’est le devoir de la communauté entière de prier pour leurs sœurs mourantes. La mission des soeurs malades de l’infirmerie continue par la prière. Elles offrent leurs souffrances pour les prêtres et l’Église entière.

La vie à l’infirmerie s’organise autour du même horaire que l’ensemble de la communauté. La prière matinale ainsi que l'Eucharistie permettent aux religieuses ayant de la difficulté à se déplacer de participer aux rituels. De plus, le jubé situé au même étage que l’infirmerie facilite l’accès à la chapelle pour les différentes célébrations. En après-midi, les religieuses récitent le chapelet et une compagne leur fait la lecture spirituelle dans leur salle commune.

Apprentissage et transmission


Sr Émélia Paquet
© IPIR 2011, soumis à copyright

Les fondateurs répétaient aux soeurs «d’être bonnes, très bonnes, trop bonnes, excellemment bonnes pour tous, vos sœurs, les prêtres, les personnes malades, orphelins et vieillards.» Servir s'inscrit dans la mission des Servantes de Notre-Dame, Reine du Clergé, puisqu’elles collaborent à la mission du ministre ordonné. Ces valeurs de bonté ont été inculquées aux religieuses par transmission orale.

Les religieuses qui travaillaient à l’infirmerie et au Foyer devaient préalablement suivre une formation en soins infirmiers. Auparavant, lorsque la communauté engageait des laïcs pour aider à l’infirmerie, les religieuses leur apprenaient sur place, sans exiger de formation préalable de préposé. Aujourd’hui, les laïcs ont une formation d’infirmière ou de préposé. Les employés comprennent le niveau de spiritualité et l’attention que requiert le soin aux religieuses malades. Les sœurs de la communauté transmettent leurs valeurs aux employés afin qu’ils poursuivent cette façon de soigner physiquement et d’accompagner spirituellement les soeurs malades. 

Localisation

Municipalité: Lac-au-Saumon
Région administrative: 11 Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
Lieu: Maison-Mère, 13 rue du Foyer, Lac-au-Saumon, G0J 1M0
Téléphone: 418-778-5836
Site Web: http://www.lacausaumon.com/index.php?option=com_content&view=article&id=106&catid=31&Itemid=27

Source

Soeur Émélia Paquet
Titre, rôle et fonction : Soeur Émélia Paquet supervise les chefs d'unité et l'infirmerie tout en assumant le rôle de secrétaire générale, de conseillère, d'archiviste et de rédactrice des chroniques écrites.
Lien avec la pratique : Soeur Paquet a été infirmière pendant 28 ans au foyer et 21 ans à l'infirmerie de la communauté. De plus, elle a été au chevet de la mère fondatrice à son décès en 1966.

Enquêteurs : Marjolaine Boutin, Kathleen Pouliot
Date d'entrevue : 3 novembre 2011


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: