L’église presbytérienne St. Andrew de Québec, lieu de culte des presbytériens depuis 1810 — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de lieu

L’église presbytérienne St. Andrew de Québec, lieu de culte des presbytériens depuis 1810

Tradition: Christianisme
Appartenance: Protestantisme
Groupe: Presbytérien
Diocèse, association ou regroupement: Église presbytérienne du Canada / Presbyterian Church in Canada (Presbytery of Québec)
Paroisse, congrégation ou équivalent: St. Andrew's Presbyterian Church (Québec)

Classé sous Organisation religieuse (9200), Espace religieux (9270), Lieu de culte (9271).

Historique général


L'église presbytérienne St. Andrew de Québec en 1928
© IPIR 2011, soumis à copyright

La congrégation presbytérienne de l’église St. Andrew de Québec est la plus ancienne au Canada. Elle est fondée en 1759, lors de l’occupation britannique. Les premiers membres font partie du 78e Fraser Highlanders. Ayant combattu sous l’égide britannique lors de la guerre de Conquête, le régiment écossais est sélectionné pour constituer la garnison de Québec. Le 78e Fraser Highlanders est accompagné d’un chapelain, le révérend Robert MacPherson. Il occupe cette fonction jusqu’à son décès en 1765. C’est sous le ministère de son successeur, le révérend George Henry, que la congrégation passe d’un statut militaire à civil et est reconnue comme faisant partie de l’Église d’Écosse. (Historical sketch St. Andrew’s Church Quebec, 1928)


Au cours des cinquante premières années de la congrégation, la messe dominicale se déroulait à l’ancien collège des Jésuites, puis au palais de justice (The Covenant in Canada, 1975). Une pétition rédigée le 5 octobre 1802 et comptant 148 signatures a été acheminé au roi Georges III pour demander l’octroi d’un terrain pour ériger une église (Historical sketch St. Andrew’s Church Quebec, 1928). Un lot leur est accordé à l’intersection des rues Sainte-Anne et Cook. Construite par le maître maçon John Bryson, l’église est ouverte au culte le 30 novembre 1810, jour dédié à l’apôtre saint Andrew, patron de l’Écosse. 


En 1824, on procède à des travaux d’agrandissement et l’entrée s’effectue dorénavant sur la rue Dauphine (Historical sketch St. Andrew’s Church Quebec, 1928). Les jubés, un à droite et un à gauche de l’entrée, sont ajoutés. Selon Guy Morissette, officier commandant de la garnison de Olde Fort St. Andrew's de 2003 à 2009, l’étage aurait été construit spécifiquement pour le 79e Cameron Highlanders déployé à Québec de 1825 à 1851 et le 78e Fraser Highlanders. Pour souligner l’importance de ces derniers au sein de la communauté, deux drapeaux sont exposés dans l’église, le drapeau régimentaire et celui du roi, composé de la croix de saint Georges et celle de saint Andrew, puisqu’à l’époque la Grande-Bretagne était constituée de l’Angleterre et de l’Écosse. Les bancs situés au rez-de-chaussée étaient plutôt réservés aux familles de fidèles. De nos jours, les 24 familles presbytériennes, soit une quarantaine de membres, prennent place dans les bancs situés au rez-de-chaussée. 


Une disposition en demi-lune permet au ministre du culte de voir tous les fidèles et inversement ces derniers peuvent regarder et participer à la messe dominicale et à l’administration des deux sacrements, le baptême et la communion, indifféremment de l’endroit où ils sont assis. La table de communion et les eaux baptismales occupent une position centrale dans l’aménagement intérieur. Toutefois, cette forme inhabituelle n’est pas caractéristique des églises presbytériennes, la plupart étant longitudinale comme plusieurs lieux de culte chrétiens.


Au centre de l’église, derrière la table de communion, on retrouve la chaire. Deux escaliers permettent d’y accéder. Au sommet, trois chaises sont destinées à Dieu, Jésus et au Saint-Esprit, toujours présents lors des célébrations. C’est du haut de la chaire, plus près de Dieu, que le ministre du culte prêche la Parole de Dieu. Autrefois, à la base de la chaire, un pupitre était réservé au « precentor », rôle occupé par un homme ou une femme, laïque ou religieux.


Traditionnellement, les presbytériens chantent les hymnes de la messe dominicale a cappella, guidés par le « precentor ». Les instruments de musique ont fait leur apparition dans les églises presbytériennes à partir du 19e siècle. En 1900, John Breaky, fondateur de la municipalité de Sainte-Hélène-de-Breakyville, a fait don d’un grand orgue à l’église presbytérienne St. Andrew.
En 1874 et 1875, à la suite d’un incendie, des réparations sont effectuées à l’intérieur du bâtiment. On procède alors à l’installation de vitraux, provenant pour la plupart de dons de membres de la congrégation pour commémorer des êtres chers décédés. À Québec, à partir du 19e siècle, on dénombre plusieurs fenêtres commémoratives dans les églises, principalement dans celles protestantes. Elles comportent généralement une épitaphe, mentionnant par exemple les prénom et nom du défunt, la date et lieu du décès, le lieu de naissance, la profession et les titres honorifiques. Par exemple, l’un des vitraux commémore Joseph Morrin, fondateur du Morrin College en 1862, voué à l’éducation des jeunes garçons, particulièrement ceux désirant prêcher dans l’Église presbytérienne du Canada. 


Des plaques commémorant des ministres du culte décédés durant leur mandat sont exposées sur les murs. Il y est inscrit les années où ils ont prêché à l’église Presbytérienne St. Andrew. À gauche de la chaire, il y a celle dédiée au révérend Dr. Alexander Spark (1784 à 1819), à droite celles du révérend Dr. James Harkness (1820 à 1835) et du révérend Dr. Andrew Tannahill Love (1884 à 1925). Au-dessus de la chaire, on retrouve celle dédiée au ministre émérite, révérend Dr. John Cook (1836 à 1884). En 1875, ce dernier a été élu premier modérateur de l’Église Presbytérienne du Canada. Il a également dirigé le Morrin College, fondé et été directeur de ce qui est devenu Queen’s University. Il considérait le territoire de la région de Québec comme étant sa paroisse, et ce même si la majorité de la population était catholique. Il a d'ailleurs joué un rôle important dans le soutien aux victimes d’incendies ayant ravagé les faubourgs Saint-Roch, Saint-Jean et Saint-Sauveur à Québec au milieu du XIXe siècle.


En 2011, la décoration intérieure de l’église comporte plusieurs éléments de couleur bleue, en référence au drapeau national de l’Écosse, c’est-à-dire la croix de saint André sur fond bleu. Le pourtour des fenêtres est orné de motifs peints de roses et de chardons, symbolisant respectivement l’Angleterre et l’Écosse. Cette frise, de même que la nappe de la table de la communion, comporte une représentation du buisson ardent, en référence à celui qu’à vu Moïse : « L'ange de l'Éternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d'un buisson. Moïse regarda; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point. » (Exode 3.2). Les Presbytériens forment l’église, le corps du Christ, qui comme le buisson ardent, ne peut être détruit.


Parmi les 10 commandements énoncés dans l’Ancien et le Nouveau Testament, il y a des prescriptions relatives à Dieu, notamment l’interdit de représentation de ce qui est au ciel, sur terre ou dans les eaux. Les presbytériens n’ont pas de dévotions aux images, au crucifix ou aux statues. En symbole de sa résurrection et de sa présence auprès de Dieu et du Saint-Esprit, Jésus n’est pas représenté sur la croix.


Depuis 1810, d’autres édifices se sont ajoutés sur le lot du lieu de culte. Le Kirk Hall, construit en 1829, est d’abord voué à l’enseignement des enfants, puis transformé en résidence pour le pasteur en second en 1885. En 1909, il devient une salle d’assemblée et une école du dimanche. En 1837, un presbytère est érigé.


 

Apprentissage et transmission


Frances Kelly, responsable des visites guidées à l'église presbytérienne St. Andrew à Québec
© IPIR 2011, soumis à copyright

Un musée est aménagé dans la sacristie, situé à droite de l’entrée de l’église. Des écrits des ministres du culte de la congrégation, des photographies et des objets relatent l’histoire de la fondation de l’église presbytérienne St. Andrew et son développement, de même que le rôle du 78e Fraser Highlanders. Il a été constitué en raison de l’intérêt des membres de la congrégation et des visiteurs. Le musée permet aux fidèles d’affirmer leur appartenance à l’église presbytérienne St. Andrew. Des visites guidées sont organisées pour les groupes de visiteurs.

Localisation

Municipalité: Québec
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
Lieu: Église presbytérienne St. Andrew de Québec, 106, rue Saint-Anne, Québec (Qc), G1R 3X8
Téléphone: 418-694-1347
Télécopieur: 418-694-3331
Site Web: http://www.standrewsquebec.ca/
Ressources:

Il est possible de consulter le site Internet Les églises de Québec pour obtenir plus d'informations sur l'église presbytérienne St. Andrew


Source

Frances Kelly
Titre, rôle et fonction : Responsable des visites guidées
Lien avec la pratique : Frances Kelly devient membre de l’église presbytérienne St. Andrew de Québec en 1975. Elle est responsable des visites guidées depuis 1996.

Enquêteurs : Francesca Désilets, Marjolaine Boutin
Date d'entrevue : 30 août 2011, 7 septembre 2011


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: