La bénédiction bouddhique d'un nouveau commerce — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

La bénédiction bouddhique d'un nouveau commerce

Tradition: Bouddhisme
Appartenance: Bouddhisme national (Therevada)
Groupe: Laotiens
Paroisse, congrégation ou équivalent: Pagode Wat Lao Samakhidhammaram (Fabreville)

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique rituelle (9320), Rite de sollicitation (9325).

Historique général


L'autel et la statue de Bouddha
© IPIR 2011, soumis à copyright

Conformément à la tradition bouddhiste, les moines doivent bénir un nouveau commerce afin de lui assurer richesse et prospérité. La cérémonie a pour objectif de répandre sur l'entreprise et ses employés un pouvoir protecteur et bénéfique.

Description


Inscription d'un signe pali sur les portes pour protéger la maison
© IPIR 2011, soumis à copyright

Avant de commencer la cérémonie, les propriétaires doivent accepter les 5 préceptes bouddhistes, qui sont les bases de toute pratique bouddhiste. Le respect de ces 5 préceptes est nécessaire pour atteindre la compréhension juste et les moyens d'existence justes. En effet, ils sont les bases d'une conduite adéquate pour trouver la paix et l'équilibre et la pureté du coeur. Si le propriétaire a une compréhension juste et vit selon les moyens d'existence justes, sa maison et son commerce le seront également et la cérémonie sera d'autant plus efficace car les pouvoirs des mantras seront accueillis dans un esprit pur. Ensuite, ils saluent en prenant refuge dans les trois joyaux, à savoir, le bouddha, le dhamma (l'enseignement) et le sangha (la communauté). Le propriétaire doit également réciter une prière en pali où il signifie son intention pure et son respect envers les moines. Les mantras qui seront récités ensuite par les moines auront plus d'efficacité si les propriétaires ont confiance dans le pouvoir du mantra.

Pour débuter le rituel, les moines se munissent d'une bobine de fil blanc, d'un bol rituel contenant l'eau qui sera bénie et placent des fleurs autour du bol. La statue du Bouddha est le refuge et le point central de la cérémonie: elle est enroulée d'un fil blanc, qui passe ensuite entre les mains des moines récitant les mantras. Les fils signifient que les moines ensemble transmettent la force sprituelle du bouddha, qui passe dans l'eau et les mantras. L'eau aura alors acquis le pouvoir de purifier la maison et les personnes.

Pendant ce temps, on laisse se consumer la bougie sur le bord du bol d'eau de telle façon qu'une fois allumée, une partie de la cire tombe dans l'eau. Les fils des chandelles ont été mesurés sur le corps des propriétaires, entre la tête et le nombril, afin de purifier leur corps et leur esprit par le feu. Le feu signifie que l'on brûle les maladies.

La récitation du mantra dure une vingtaine de minutes. Il s'agit d'un mantra particulier pour protéger la maison des mauvais esprits et des animaux. Au terme de la cérémonie, le moine asperge les fidèles d'eau bénite ainsi que tous les locaux du commerce. On fait des libations pour chasser les mauvais esprits encore attachés à cette maison. Le mauvais esprit a alors le choix de rester ou partir. Il peut rester s'il décide de rester en tant qu'ami. On pourra utiliser le reste de l'eau en aspergeant tout objet ou toute personne que l'on désire bénir ou purifier son environnement.

Les moines vont ensuite inscrire un signe pali sur toutes les portes de la maison afin de la protéger des mauvais esprits et leur signifier que les propriétaires sont purs. Ces signe doit aussi apporter richesse et joie.

Au terme de la cérémonie, les propriétaires font une offrande aux moines et doivent s'assurer de payer leur moyen de transport.

Localisation

Municipalité: Fabreville
Région administrative: 13 Laval
Lieu: Société bouddhique laotienne, 3381 Boulevard Dagenais, Laval, H7P 1V3
Téléphone: 450 963 2739
Site Web: http://sblao.com

Source

Ajahn Soulit
Titre, rôle et fonction : Moine à la pagode Wat Lao Samakhydhammaram
Lien avec la pratique : Le vénérable Boungkeung Souvanhnarath est laotien et fondateur de la première pagode laotienne dans la région de Montréal. À Montréal depuis 20 ans, il faisait partie des premiers groupes de réfugiés laotiens accueillis au Canada.

Enquêteurs : Marjolaine Boutin, Louise Saint-Pierre
Date d'entrevue : 1 décembre 2010


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