Les cadrans solaires des Soeurs de la Charité d'Ottawa — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit d'objet

Les cadrans solaires des Soeurs de la Charité d'Ottawa

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Communauté religieuse: Soeurs de la Charité d'Ottawa

Classé sous Organisation religieuse (9200), Temps religieux (9280).

Historique général


Le Père Jean-François Allard
© Archives des Soeurs de la Charité d'Ottawa

Le Père Jean-François Allard a légué aux Sœurs de la Charité d’Ottawa, aux habitants de la basse-ville ainsi qu’à de nombreux visiteurs, deux cadrans solaires verticaux qu’il a lui-même construits, aidé de quelques hommes, en 1851. Lorsque le soleil est au rendez-vous, l’heure se lit sur les murs de l’Hôpital général de Bytown. Ces cadrans sont les deuxièmes plus anciens de l’Amérique du Nord, le premier étant celui du Petit Séminaire de Québec. 


Au milieu du XIXe siècle, Mère Élisabeth Bruyère, fondatrice des Sœurs de la Charité de Bytown, aujourd’hui Sœurs de la Charité d’Ottawa, fait état de ces cadrans dans les chroniques de la communauté :« Depuis près d’un mois, notre Père Allard s’occupe de nous faire deux cadrans solaires à part celui du gouvernement qui n’est pas bon. Nous sommes les premières qui avons cet avantage dans la ville. Nous trouvons cela bien commode d’avoir l’heure juste, et de pouvoir par ce moyen bien régler nos horloges.» écrit-elle le 4 novembre 1850. 


Les travaux de construction des cadrans se terminent au printemps 1851, relate-t-elle le 29 mars : « Aujourd’hui samedi, notre R.P. Allard termine les deux cadrans solaires ; les hommes défont les échafauds. Ce bon Père a eu beaucoup de misère à amener son travail à sa fin, vu qu’il l’avait commencé tard en automne et que les ouvriers ont traîné le travail qu’ils devaient faire tel que le plastrage, peinturage, etc… Enfin, aujourd’hui, nous avons le plaisir de voir le travail bien achevé et bien joli ; de plus, c’est commode pour nous et pour toute la ville.»


L’instigateur de ces cadrans, le Père Jean-François Allard, est né en France, en 1806. Il entre au noviciat des Oblats à Marseille et fait profession perpétuelle en 1838. De 1843 à 1849, il est professeur chez les Sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie à Longueuil, dans la province de Québec. De 1849 à 1851, il est supérieur du collège de Bytown (aujourd’hui l’Université d’Ottawa) et aumônier des Sœurs de la Charité de Bytown. Il enseigne la géographie, la géométrie et les mathématiques aux sœurs de Bytown. Il avait 44 ans lorsqu’il complète les cadrans solaires en mars 1851. En juillet de la même année, il est élu archevêque par Monseigneur Eugène de Mazenod, fondateur des Oblats Marie Immaculée.


 

Description


Les deux cadrans solaires de la communauté des Soeurs de la Charité d'Ottawa
© Archives des Oblats de Marie Immaculée

Ces cadrans solaires, artefacts vieux de 160 ans, indiquent encore l’heure de nos jours, de façon plutôt archaïque. L’heure est indiquée par l’ombre d’une tige nommée gnomon, lorsque le cadran est exposé au soleil. Le cadran de droite, soit au sud-est, indique l’heure du matin, alors que celui de gauche, au sud-ouest, fait état de l’heure de l’après-midi. Ils suscitent l’intérêt des passants. Ceux-ci peuvent demander un dépliant en français ou en anglais au site historique de la Congrégation. Ce document explique comment lire l’heure sur ces cadrans. En effet, il faut retirer ou ajouter une heure selon qu’il s’agit de l’heure avancée ou non. Ensuite, le mois détermine approximativement les minutes et les secondes qu’il faut soustraire au temps indiqué pour connaître l’heure exacte. 


Les cadrans sont situés à l'angle de la rue Bruyère et de la Promenade Sussex. Ils sont construits à 20 pieds du sol. Ceux-ci mesurent approximativement 7 pieds en hauteur. Ils sont situés en hauteur afin d’être vus de loin. 


Plusieurs restaurations ont eu lieu. Une première a été effectuée en 1920. Exposés aux intempéries pendant presque 69 ans, les cadrans avaient presque disparus. Une seconde restauration a été effectuée en 1944, soit 25 ans plus tard. En 1980 et en 1994, une troisième et une quatrième restaurations ont eu lieu. Le chiffre II est manquant sur le cadran du sud-ouest. 

Localisation

Municipalité: Ottawa
Lieu: Maison mère des Soeurs de la Charité d'Ottawa, 9, rue Bruyère, Ottawa, K1N 5C9
Téléphone: 613-241-2710
Télécopieur: 613-241-5509
Site Web: http://www.soeursdelachariteottawa.com/Francais/home-francais.html

Source

Soeur Louise Séguin
Titre, rôle et fonction : Elle est responsable du site historique de la Congrégation depuis 2006.
Lien avec la pratique : Elle a effectué des recherches sur les cadrans solaires de la Congrégation.

Enquêteurs : Francesca Désilets , Anne-Florence Bisson
Date d'entrevue : 8 décembre 2011


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: