L'œuvre auprès des jeunes délinquantes à la Maison Marie-Fitzbach — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

L'œuvre auprès des jeunes délinquantes à la Maison Marie-Fitzbach

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Soeurs du Bon-Pasteur de Québec

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Historique général


Soeur Georgette Côté, ancienne éducatrice à la Maison Marie-Fitzbach
© IPIR 2011, soumis à copyright

En 1849, à l’âge de 43 ans, Marie-Josephte Fitzbach, femme de grande foi aspirant à la vie religieuse, va rejoindre, comme dame pensionnaire, ses deux aînées, devenues postulantes chez les Sœurs de la Charité de Québec. À peine quelques semaines après son arrivée, on lui propose de prendre la direction d’une maison de réhabilitation réservée aux femmes sortant de prison. Le 11 janvier 1850, Marie-Josephte Fitzbach et une compagne, Mary Keogh, ouvrent l’Asile de Ste-Madeleine au 67, rue Richelieu. En 1856, six ans après l’ouverture du refuge, la fondatrice et des compagnes venues l’aider dans son œuvre formeront désormais une communauté religieuse, sous le vocable Servantes du Cœur Immaculé de Marie, dites Sœurs du Bon-Pasteur de Québec.  

Ce n’est qu’en 1950 que la Maison Sainte-Madeleine se voit reconnaître le statut d’institution d’assistance publique par les autorités de la province. Le financement devient alors plus stable, les coûts d’entretien et d’éducation pour chacune des jeunes filles et des femmes hébergées étant partagés par le gouvernement provincial, la ville de Québec et l’institution. Elle avait toutefois bénéficié, pendant les années 1920 et 1930, d'octrois “spéciaux” du Service de l'Assistance publique pour permettre la poursuite de l'œuvre.

Au cours des ans, la clientèle change.  À sa fermeture en 1975, la Maison Marie-Fitzbach, ainsi nommée en 1962, accueille des jeunes filles de 13 à 18 ans vivant des problèmes personnels et familiaux ou parfois même avec la justice.

Description


Premier Asile de Ste-Madeleine au 67, rue Richelieu (PH-G-13,1)
© Archives des Soeurs du Bon-Pasteur

La Maison Marie-Fitzbach, œuvre mise en place par la congrégation et reprise par le gouvernement au cours des années 1960, avait pour objectif de prévenir et limiter des problèmes plus graves liés à la délinquance. Lorsque l'État prend en charge les affaires sociales, la Maison est subventionnée par le gouvernement. Les filles y étaient placées suite à l'intervention du CLSC ou de la travailleuse sociale, par l'intermédiaire de leurs parents.

Au fil du temps, de nombreux changements ont été apportés à l'approche privilégiée pour encadrer et former les jeunes filles. À partir des années 1960, grâce aux formations reçues par certaines religieuses, on adopte l'approche psychoéducative. L'objectif était de favoriser l'autonomisation et la responsabilisation des jeunes filles. Celles-ci suivaient des étapes évolutives lors de leur séjour dans la maison où elles restaient en moyenne 2 ans. Les arrivantes étaient accueillies dans un pavillon et, une fois adaptées, elles changeaient de foyer où elles étaient rassemblées par groupe de 15, permettant ainsi un suivi plus étroit et personnalisé qu'auparavant. Elles avaient accès à des classes qu'elles choisissaient selon leurs intérêts. Certaines d'entre elles avaient aussi l'autorisation de poursuivre leurs études secondaires à l'extérieur et se rendaient à l'école François-Perreault. Ces sorties augmentaient le risque de fugue, mais on cherchait ainsi à les responsabiliser dans leurs choix.

Leur comportement était évalué chaque semaine lors d'une entrevue avec une éducatrice. En fonction de leur comportement, on leur attribuait une certaine somme d'argent de poche et un certain nombre de cigarettes. Elles devaient ainsi apprendre à gérer leur budget et faire des choix dans leurs dépenses.

La vie à la Maison Marie-Fitzbach présentait un grand changement par rapport à leur vie précédente. On leur proposait de nombreuses activités récréatives telles que la chorale, la boîte à chanson au sein même de l'établissement, des promenades et des sorties au centre commercial. La Maison était attenante à la Maison-mère et à la Résidence Sainte-Geneviève où il y avait une piscine. Les filles s'y rendaient régulièrement pour y prendre des cours de natation. Cependant, certaines jeunes filles fuguaient et retournaient dans leur milieu.  Dans ces cas-là, la police intervenait et, de retour à la Maison, elles restaient quelques temps dans une chambre à part, le temps de se refaire une santé et de se réadapter à la vie de la Maison.

Les éducatrices s’occupaient des filles dans leur quotidien. Si nécessaire, elles leur apprenaient à prendre soin d'elles-mêmes et à se respecter. Parfois un lien privilégié se formait entre la religieuse et la fille, au point où celle-ci considérait son éducatrice comme sa mère. L'œuvre de la Maison Marie-Fitzbach correspondait au charisme de la congrégation. Elle avait pour objectif de les aider à vivre dans une société organisée.

Apprentissage et transmission


Maison Ste-Madeleine au 64, rue Lachevrotière (PH-G-13,14-01)
© Archives des Soeurs du Bon-Pasteur

En 1975, à la suite d’une réforme gouvernementale qui tend à regrouper les institutions, un nouveau centre d’accueil, L’Escale, ouvre ses portes. Il reçoit les jeunes filles de la Maison Notre-Dame-de-la-Garde et de la Maison Marie-Fitzbach, qui ferment alors. L'Escale regroupait 8 unités de vie, dont 2 étaient sécurisées et fermées. Pendant plusieurs années, des sœurs du Bon-Pasteur y ont travaillé à titre d'employés de l'État.

Localisation

Municipalité: Québec
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
Lieu: Musée Bon-Pasteur, 14, rue Couillard, Québec, G1R 3S9
Téléphone: 418-694-0243
Télécopieur: 418-694-6233
Site Web: http://www.museebonpasteur.com/

Source

Sœur Georgette Côté
Titre, rôle et fonction : Éducatrice et enseignante en psychoéducation.
Lien avec la pratique : Sœur Georgette Côté a été éducatrice à la Maison Marie-Fitzbach.

Enquêteurs : Marie Renier, Valérie Vachon-Bellavance
Date d'entrevue : 31 octobre 2011


Partenaires

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