Le couvert de table et l’étiquette du repas dans l’ancien réfectoire des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit d'objet

Le couvert de table et l’étiquette du repas dans l’ancien réfectoire des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique alimentaire (9244).

Historique général


Le couvert de table des Hospitalières
© IPIR 2009, Soumis à copyright

Les manières de table chez les Hospitalières de Saint-Joseph ont évolué au cours du dernier siècle. Jusque dans les années 1940, chaque religieuse disposait de son propre couvert de table et de sa tasse. Chaque couvert était déposé dans un casier attenant au réfectoire dans de grandes armoires.
À l’heure des repas, les sœurs arrivent dans le réfectoire deux par deux. Elles vont chercher leur couvert et le tiennent avec les mains liées. L’entrée dans le réfectoire est codifiée. Alors qu’elles franchissent le pas de la porte, une des deux sœurs trempe une main dans l’eau du bénitier et se signe. Les religieuses saluent ensuite le crucifix situé au centre du réfectoire, derrière la place assignée à la Mère supérieure. En attendant son signal et après avoir atteint leur table respective en marchant en rangs de deux, rang qui est déterminé en fonction de leur âge, les religieuses restent debout. Elles s’assoient ensuite et ouvrent le couvert enroulé dans une petite nappe nouée d’un galon. Le galon est alors inséré sous la ceinture de la robe. En prenant place, les sœurs prennent soin de placer aussi une section de la nappe à l’intérieur de leur ceinture. Ainsi, elles évitent de salir leur habit. L’assiette de service et l’assiette à dessert se trouvent déjà sur la table.
Bien que ces objets ne soient plus utilisés pour leur fonction première aujourd’hui, ils sont mis en valeur dans le musée de la communauté lors de l’exposition permanente. Par ailleurs, plusieurs d’entre eux font partie de la collection du musée. Nous observons qu’il n’y a que le galon et la nappe individuelle qui ne sont pas présentés en avant-plan dans l’exposition. Ces objets, qui n’ont pas d’équivalents actuels, méritent donc une attention particulière.

Description


La coutellerie des Hospitalières
© IPIR 2009, Soumis à copyright

Le couvert de table se compose de plusieurs ustensiles utilisés durant les repas. On y trouve un couteau, une fourchette, une fourchette à dessert, une cuillère à soupe et d’une autre à café. D’autre part, il y a les objets qui appartiennent à chaque sœur, ceux-ci sont identifiés par la gravure du nom de famille en lettres carrées sur les poignées de chacun de ces instruments. Des sœurs possèdent aussi des tasses différentes les unes des autres. Encore aujourd’hui, certaines d’entre elles disposent d’un casier à l’entrée du réfectoire, pour les déposer. Ces ustensiles sont le plus souvent en métal, d’autres sont en étain. Plus tard, ils ont le même aspect visuel mais sont en aluminium. Leur éclat est similaire à celui de l’argenterie, mais leur ornement est sobre. Ils sont décorés de motifs floraux sur les poignées ainsi qu’à leurs intersections. Deux lignes droites très rapprochées forment le contour des poignées.
L’assiette, très lourde et d’une bonne épaisseur, est très simple car elle n’a pas d’ornements. Quant au bol, il a deux poignées, à la fois utiles et décoratives, qui épousent la forme d’un cœur dont la pointe donne vers les extrémités. Le bol à soupe est toujours en métal et a encore ces poignées, mais il est plus léger. Les assiettes sont en faïence et ont un aspect très classique. Elles sont ornementées de traits de couleurs. En ce qui concerne la nappe qui contient les ustensiles de table, elle est, à l’origine, d’un blanc immaculé et composée de lin. La fibre la plus communément utilisée de nos jours est le coton et les couleurs retenues sont le vert, le jaune et le brun. Le motif est celui de la rayure; celle-ci vert pâle et vert forêt. Ce morceau mesure trois centimètres de largeur sur plus d’un mètre de longueur. Présentement, les nappes se trouvent sur les tables à l’entrée du réfectoire. Quant au galon qui sert à tenir les ustensiles de table enroulés dans la nappe, il est confectionné par une religieuse de la congrégation qui emploie un métier de table. Nous ne trouvons pas d’équivalents actuels à la nappe individuelle et au galon.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Communauté métropolitaine de Montréal
Lieu: Maison mère des Hospitalières de Saint-Joseph (section ancien réfectoire), 251, avenue des Pins Ouest, Montréal, H2W 1R6
Téléphone: 514 844-1022
Site Web: http://www.rhsj.org/

Source

Soeur Thérèse Céré
Titre, rôle et fonction : Dès son entrée au postulat en 1943, elle est affectée aux tâches liées à la préparation des repas. Ensuite, elle devient cuisinière à la maison mère des religieuses de 1950 à 1955. Elle a également été active auprès de sa communauté en tant qu’infirmière auxiliaire.
Lien avec la pratique : Présente au sein de la communauté depuis 1943, elle a vu l’évolution des manières de table.

Enquêteur : Roseline Bouchard
Date d'entrevue : 10 février 2009

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Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: