La réparation et la confection des vêtements religieux : la roberie — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de lieu

La réparation et la confection des vêtements religieux : la roberie

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique vestimentaire (9243)
et sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique technique et artistique (9245).

Historique général


La roberie
© Archives RHSJ, soumis à copyright

La roberie est un atelier équipé pour les travaux liés aux textiles (confection et réparation des vêtements des religieuses).
Le monastère comprend une vieille partie construite en 1861 et une partie plus récente, annexée en 1932. La roberie se trouve au carrefour des deux parties, c'est-à-dire à l’extrémité du vieux corridor dit Saint-Ange. La roberie a toujours gardé ses fonctions originales, soit la confection, la réparation et le rangement des vêtements des religieuses ou d'autres accessoires textiles. La pièce n’a pas subi de changements majeurs. Seuls le mobilier et les outils tels les machines à coudre ou les fers à repasser ont été changés afin d’améliorer le rendement. En 1963, seront entrepris des travaux de rénovation pour améliorer les conditions de travail.
Le système d’éclairage et la table de travail centrale subiront d'importantes rénovations. On demandera alors à un menuisier de construire une table adaptée aux travaux de textile. La roberie a gardé sa vocation d'atelier textile depuis la construction du bâtiment en 1861.

Description


Soeur Jeannette Boisjoly, robière
© IPIR 2009, soumis à copyright

La roberie est une pièce située dans la vieille partie du monastère et organisée en atelier de textile. Avant l’abandon du costume religieux, des religieuses accompagnées de quelques séculières s’y rendaient tous les jours de la semaine pour travailler sous l’autorité de la robière. Leurs tâches consistaient à confectionner et à réparer les costumes et les accessoires des religieuses. Le travail s'effectuait en silence ou pouvait être rythmé par la récitation du chapelet. La roberie sert toujours de lieu de rangement pour le matériel utile à la confection ou la réparation des objets textiles ou, encore, pour entreposer les vêtements lors des changements de saisons. La religieuse nommée robière était en charge des tâches liées aux changements de saisons.
La pièce a toujours possédé un mobilier adapté pour les travaux manuels : une grande table de coupe d’environ 1 mètre de haut et d'au moins sept mètres de long munie de plusieurs tiroirs, trois machines à coudre, des fers à repasser, de grandes armoires murales pour le rangement, des images saintes et autres objets religieux. Des petits métiers à tisser « sur table » étaient aussi à la disposition des religieuses artisanes pour la confection des ceintures. La grande table de coupe qui occupe le centre de la pièce servait notamment à couper les grands tissus nécessaires à la confection des longues robes des religieuses. Les grandes armoires de bois construites à même le bâtiment sont d’origine. Elles couvrent de haut en bas tout un mur de la pièce. Ces grandes armoires servent de rangement pour les étoffes, accessoires, patrons, couvertures, oreillers, coussins et matériaux divers amassés au fil des ans, y compris des dentelles, rubans, tissus, retailles, fils...
Le travail effectué dans la roberie du monastère des Hospitalières se démarque par un constant souci d’économie et plusieurs stratégies de confection y ont été développées afin de maximiser le rendement et l’économie de matériel. Le « rang pli » par exemple est une technique qui consiste à enfermer le maximum de matériel à l'intérieur d'un ourlet, de sorte que tous les vêtements possèdent la même quantité de tissu et contiennent un surplus de tissu pouvant être utile aux réparations, agrandissements ou pour tout autre modification. Aujourd’hui, les allées et venues dans la roberie ont diminué en raison du changement de contexte de vie des religieuses (costume laïc, accessibilité aux biens de consommation et diminution du nombre de religieuses). Cependant, quelques religieuses s’y rendent encore, soit pour y effectuer des réparations, soit pour s’occuper du rangement que l’on y fait toujours.

Apprentissage et transmission


Roberie-2009
©

Soeur Boisjoly a été élevée dans une grande famille de 14 enfants où elle a appris très jeune à coudre pour elle-même et pour les plus jeunes de la famille.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Communauté métropolitaine de Québec
Lieu: Monastère des Hospitalières de Saint-Joseph, 251, ave des Pins Ouest, Montréal, H2W 1R6
Site Web: http://www.rhsj.org

Source

Soeur Jeannette Boisjoly
Lien avec la pratique : Soeur Boisjoly est entrée chez les Hospitalières en 1953. Elle a occupé plusieurs fonctions administratives dans les cuisines du monastère et de l'hôpital. Elle a travaillé comme économe pendant 28 ans en plus d'avoir été robière.

Enquêteurs : Catherine Gaumond, Roseline Bouchard
Date d'entrevue : 10 février 2009

Fiches associées


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: