L'habit religieux des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit d'objet

L'habit religieux des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique vestimentaire (9243).

Historique général


L'habit religieux des Hospitalières de St-Joseph
© Archives RHSJ, soumis à copyright

Lorsqu'elles arrivent en Nouvelle-France, les Hospitalières de Saint-Joseph portaient le costume religieux de la congrégation fondatrice de France. Le costume s'est graduellement adapté au climat, au territoire et il a suivi l'évolution de la société. Avant le Concile Vatican II, les Hospitalières de Saint-Joseph, dévouées aux soins du corps et de l'âme, formaient une communauté cloîtrée et leur costume reflétait l'austérité de la clôture. Graduellement, il s'assouplira et suivra l'évolution de la médecine et de la société. De tout temps, le costume des Hospitalières a été dominé par le noir. Les révérendes soeurs hospitalières qui soignaient les malades portaient un tablier et des manches de couleur blanche qui recouvraient les manches du costume noir. Il faudra attendre les années 1958 et 1959 pour voir apparaître le costume entièrement blanc. Ce changement du noir au blanc avait un rapport avec l'hygiène que commandait les tâches associées aux soins médicaux.
Pour s'habiller, l'hospitalière ne prenait pas moins d'un quart d'heure. Lorsqu'elle mettait son voile, elle ne manquait pas de réciter la prière prescrite : « Revêtez-moi, mon Dieu, des vertus et mérites de Jésus-Christ afin que ma vie soit semblable à la vôtre ». La novice, qui devait revêtir son costume pour la première fois, était aidée par la maîtresse des novices qui se chargeait de cette tâche pour chacune d’elles.
Chacune des étapes de la profession était marquée par un costume différent. Que ce soit la postulante, la novice, la professe temporaire ou perpétuelle, chacune se distinguait par un détail vestimentaire. Aujourd'hui, le costume religieux est optionnel, plusieurs portent des tenues civiles, alors que d’autres portent toujours le voile.

Description


Novices et professes
© Archives RHSJ, soumis à copyright

À leur arrivée dans la communauté, les postulantes apportaient avec elles le tissu qui allait servir à confectionner leur costume. Les plus anciennes religieuses novices qui travaillaient à la roberie étaient chargées de confectionner leur costume. Le costume des postulantes était composé d’une robe noire « ordinaire » ayant des plis sur le devant. Les postulantes ne portaient pas de guimpe, uniquement un plastron noir et une croix. Sur la tête, elles portaient une « grébiche », sorte de petit bonnet gaufré attaché avec une petite boucle. Des chaussures et des bas noirs achetés avant d’entrer en communauté complétaient cette tenue. Le costume des novices était semblable à celui des postulantes, sauf qu’elles portaient un voile blanc.
Le costume des professes était composé d’une longue tunique de laine noire, d’une guimpe blanche bien empesée et d’un bandeau blanc qui cachait les sourcils. Les religieuses se couvraient le visage avec leur voile noir lorsqu’elles allaient à la confesse. Une ceinture de laine noire tissée était nouée à la taille. Deux crochets cousus à la taille retenaient un chapelet, une paire de ciseaux et les clés du monastère. Sous ce lourd costume, les religieuses portaient un corset, un jupon et une chemise de coton ainsi que des bas noirs retenus par des jarretelles. Par-dessus les manches de la chemise de coton blanc, les religieuses ajoutaient des petites manches noires attachées par des épingles, de sorte qu’elles pouvaient relever les grandes manches noires de la tunique sans trop de conséquence. En effet, les larges manches de la tunique étaient plutôt encombrantes au moment de faire les travaux quotidiens et de soigner les malades.
Avant l’arrivée de la robe blanche, les infirmières religieuses ajoutaient de grandes manches blanches par-dessus les manches noires de la tunique et un tablier blanc. Pour les travaux d’artisanat ou autres tâches liées au quotidien, les religieuses portaient un tablier bleu rayé de blanc.
Les religieuses avaient deux robes, la plus neuve elles la portaient lors des grandes occasions ou lorsqu’elles prenaient l’habit et la plus ancienne pour les jours ordinaires.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Communauté métropolitaine de Québec
Lieu: Monastère des Hospitalières de Saint-Joseph, 251, ave des Pins Ouest, Montréal, H2W 1R6
Site Web: http://www.rhsj.org

Source

Soeur Jeannette Boisjoly
Lien avec la pratique : Soeur Jeannette Boisjoly est entrée chez les Hospitalières en 1953. Elle a occupé plusieurs fonctions administratives dans les cuisines du monastère et de l'hôpital. Elle a travaillé comme économe pendant 28 ans en plus d'avoir été robière.

Enquêteurs : Catherine Gaumond, Roseline Bouchard
Date d'entrevue : 10 février 2009

Fiches associées


Partenaires

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