La roue de médecine dans la spiritualité algonquine — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

La roue de médecine dans la spiritualité algonquine

Tradition: Spiritualité autochtone
Appartenance: Spiritualité autochtone (Algonquins)
Groupe: La communauté de Lac-Simon
Paroisse, congrégation ou équivalent: La communauté du Lac-Simon (Algonquins)

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique spirituelle (9330), Guide spirituel (9331)
et sous Système de croyance (9100), Phénomène naturel et vision du monde (9110), Liée à l’environnement (9113).

Historique général


Stanley Brazeau
© IPIR 2009, soumis à Copyright

La roue de médecine se retrouve dans plusieurs nations autochtones d'Amérique du Nord. Elle est davantage représentée depuis les 15 à 20 dernières années avec la valorisation de l'identité autochtone. Chaque nation, voire chacun des guides spirituels, interprète de manière plus personnelle la roue de médecine. Par exemple, chez les Anishnabes, on remplace habituellement la couleur noire par la couleur brune. Cette couleur est préférée, parce qu'elle symbolise davantage la couleur de la terre, élément que doivent protéger la nation rouge, les Autochtones. Plusieurs célébrations de la spiritualité traditionnelle sont guidées par le cercle de médecine, dont les symboles constituent la base de la philosophie amérindienne.

Description


Roue de medecine accrochée sur le mur d'une maison à Kitcisakik
© IPIR 2009, soumis à copyright

La roue de médecine, ou cercle de médecine, constitue un symbole spirituel permettant une compréhension cyclique du monde par la relation entre les quatre éléments (air, eau, terre et feu), les quatre directions ou «portes» (Est, Sud, Ouest et Nord) et les quatre nations de la Terre (jaune, noire, rouge et blanche). Chaque personne, chaque communauté, chaque nation, ainsi que l'humanité entière, se trouvent au centre du cercle et entretiennent des relations entre elles.


Lorsque le cercle d'une personne est «brisé», c'est-à-dire que cette dernière souffre d'une maladie ou d'un traumatisme psychologique, les symboles constituants de la roue de médecine ne sont plus en harmonie. La roue de médecine sert, dans ce cas, de repère pour les guides et les aidants spirituels dans le processus de guérison ; différentes cérémonies peuvent alors être effectuées. Lors d'autres types de cérémonies, les symboles de la roue de médecine peuvent aussi être présentés dans le but de favoriser la relation entre les symboles et les participants. Différents objets sont utilisés lors de ces cérémonies, par exemple, du tabac purifié, symbole sacré dans la communication avec le créateur, peut être noué dans des tissus des quatre couleurs du cercle de médecine. Il est placé aux quatre extrémités d'un site ou d'une pièce, où sont effectuées certaines cérémonies à caractère spirituel. Après un an, le tabac, dépouillé de son pouvoir, est brûlé et les tissus sont laissés dans la nature.


À la suite d’événements douloureux, on a aussi organisé au Lac Simon une cérémonie de l'arbre sacré, dans laquelle on a récité des prières en accrochant à un arbre du tabac attaché dans des tissus des quatre couleurs représentant le cercle de médecine. Les symboles constituent ainsi une manière de réunir l’individu et son environnement. Ils peuvent être utilisés autant dans la vie quotidienne que lors de séances de guérison.

Apprentissage et transmission

Sranley Brazeau s'est intéressé à la spiritualité amérindienne il y a environ 15 ans. Il a d'abord acquis ses connaissances sur le cercle de médecine aux contacts d'un guide spirituel de Maniwaki, aujourd'hui décédé. Cet apprentissage ne se limite pas à la simple pratique spirituelle, mais il couvre tout un mode de vie, qui doit être intégré. Ce passage au «chemin rouge», soit le retour aux valeurs spirituelles amérindiennes traditionnelles, a d'ailleurs demandé plusieurs années à Stanley Brazeau. L'apprentissage de la roue de médecine et, plus largement, de la spiritualité autochtone doit être effectué en intégrant la philosophie autochtone à toutes les sphères de la vie anishnabe. Stanley Brazeau approfondit toujours son apprentissage en consultant à l’occasion des guides et des aidants spirituels de la communauté du Lac Simon et en participant avec eux à différentes cérémonies spirituelles en accord avec le cercle de médecine et ses symboles.

Localisation

Municipalité: Lac-Simon
Région administrative: 08 Abitibi-Témiscamingue
MRC: Hors MRC (autochtones)
Lieu: Lac Simon
Ressources:

William Commanda, guide spirituel de Maniwaki âgé de 96 ans et fondateur du cercle de toutes les nations (Circle of All Nation) et d'un centre de guérison à l'Île Victoria (Ottawa), a beaucoup écrit sur la philosophie du cercle de médecine. Ses enseignements sont disponibles. VASHANTHA THUMBADOO, Romola (2005) Learning from a kindergarten dropout : William Commanda – Ojigkwanong. Cultural Sharing & Reflexions. Kanata, Ontario : Circle of All Nations, 192p.


Source

Stanley Brazeau
Titre, rôle et fonction : Aidant spirituel
Lien avec la pratique : Stanley Brazeau pratique la philosophie du cercle de médecine.

Enquêteur : Elise Bégin
Date d'entrevue : 3 septembre 2009

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