Les pratiques funéraires des Augustines de Chicoutimi: l'exposition en bière — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit d'objet

Les pratiques funéraires des Augustines de Chicoutimi: l'exposition en bière

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Chicoutimi
Communauté religieuse: Augustines de la Miséricorde de Jésus

Classé sous Organisation religieuse (9200), Pratique rituelle (9320), Rite de passage (9321).

Historique général


Exposition de soeur Sainte-Rose en 1905
© Archives A.M.J.C., soumis à copyright

Le 24 mai 1884, cinq Augustines de l'Hôpital général de Québec viennent prendre en charge l'Hôpital de Marine de Chicoutimi, construit en 1882-1883 à la suite de pourparlers entre Mgr Dominique Racine et les gouvernements fédéral et provincial. Les cinq Augustines, Mère Saint-Gabriel, Mère Marie-des-Anges, Mère Saint-Elzéar, Mère Saint-Léandre et Mère Saint-André-Bobola, reçoivent ainsi le titre de fondatrices du monastère des Augustines de Chicoutimi. Elles apportent avec elles, à bord du Vapeur Union, de nombreux coffres contenant les objets nécessaires à une première installation : objets de culte, pots de pharmacie et documents. Certains de ces objets sont aujourd'hui déposés aux Archives de la communauté, d'autres objets d'une valeur patrimoniale étant ajoutés au fil des ans.
Ainsi, actuellement un objet cérémonial unique dans l'ordre des Augustines fait partie de la collection muséale du monastère : il s'agit d'une bière ayant la fonction de lit funèbre. Selon le Cérémonial des religieuses hospitalières de la Miséricorde de Jésus de l’Ordre de Saint-Augustin, nouvelle édition révisée de 1882, p. 195, voici les pratiques funèbres liées à cet objet : À la mort d’une sœur, on exposera celle-ci sur un lit funèbre, les pieds nus, dans son habit religieux, le texte de ses vœux et un crucifix dans les mains. Sa tête sera soutenue par des oreillers. Le lit funèbre sur lequel elle est exposée sera une bière en bois, soutenue par des tréteaux. À la tête de la bière, on mettra une croix et deux cierges allumés, et aux pieds de l’eau bénite. Tout au long de l’exposition de la défunte, deux sœurs resteront toujours auprès de la bière, en récitant l’office des morts, le chapelet et d’autres prières. La bière n’était utilisée que pour l’exposition, un cercueil étant utilisé pour l’enterrement. La durée de l’exposition de la défunte est d’au moins 24 heures, sauf en période d’épidémie. L'enterrement a lieu de préférence après la messe, et non l’après-midi. Il y aura un luminaire de cire blanche et six cierges autour du corps, les sœurs portant elles aussi des cierges en chantant.
Ce cérémonial funèbre est valide jusqu’en 1963, quand les pratiques funéraires connaissent des changements. L'utilisation de la bière est unique et spécifique à l’ordre des Augustines. Jusqu'aux années 1960, la population utilisait des planches ayant la fonction de lit funèbre. L’unicité de l’objet fait partie du patrimoine actuel de toutes les communautés des Augustines de Québec. Le remplacement de la bière par les cercueils, dans la communauté des Augustines, a eu lieu dans les années 1960. Depuis 1884, les cercueils sont fabriqués sur place, au monastère.

Description


La bière funéraire
© IPIR 2009, soumis à copyright

On ne connaît pas l’endroit de fabrication de l’objet ni l’auteur, mais c’est possible que ce soit le menuisier de l’époque, M. Jean Alain, et que l’objet ait été fabriqué avant 1892, date du premier enterrement ayant eu lieu dans la communauté des Augustines de Chicoutimi. L'objet est fait en bois, couleur nature. Il a la forme d'une planche; l'extrémité et ses deux parois latérales sont partiellement fermées. La bière est soutenue par des tréteaux et présente des poignées en fer pour la déplacer. En 1979, il est proposé que l’objet fasse partie du patrimoine de la communauté et soit déposé à la réserve muséale de la communauté.

Localisation

Municipalité: Saguenay
Région administrative: 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean
MRC: Hors MRC
Lieu: Monastère des Augustines de Chicoutimi, 225, rue Saint-Vallier, Chicoutimi, G7H 5H6
Téléphone: 418 549-7750
Site Web: http://www.augustines.ca

Source

Luc Gagnon
Titre, rôle et fonction : M. Luc Gagnon est responsable des Archives de la communauté des Augustines de Chicoutimi. Il est historien et muséologue.
Lien avec la pratique : M. Luc Gagnon est responsable de la valorisation patrimoniale des objets appartenant à la collection du monastère des Augustines de Chicoutimi.

Enquêteurs : Alina Nogradi, Maude Redmond Morissette
Date d'entrevue : 7 mai 2009

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