La ferme des Soeurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire pour la survie et le développement de la Congrégation — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

La ferme des Soeurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire pour la survie et le développement de la Congrégation

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Rimouski
Communauté religieuse: Congrégation des Soeurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire

Classé sous Organisation religieuse (9200), Structure (9210), Structure communautaire (9214)
et sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique coutumière (9242).

Historique général


La ferme et les jardins des Soeurs du Saint-Rosaire
© Archives R.S.R., Soumis à copyright

« L'extrême indigence dans laquelle la jeune communauté des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire se trouvait depuis sa fondation exigeait un correctif immédiat, efficace et durable. [...] Dépendre continuellement des bienfaiteurs, […] n'était pas viable. [...] Une certaine autonomie financière était indispensable à la survie des personnes, de la Congrégation et de l'Oeuvre. La réponse à cette situation était, à l'époque, la possession d'une ferme qui comblerait la plupart des besoins matériels, donnerait un minimum d'indépendance sociale et stabiliserait la jeune fondation, permettrait à ses membres de se préparer à la mission d'Église qui leur était confiée. L'idée de devenir propriétaire d'une ferme a germé dans l'esprit des premières sœurs de la communauté dans le but de faire face aux difficultés financières de l'époque. De simple ferme pourvoyant aux nombreux besoins des Sœurs du Saint-Rosaire, cette entreprise est devenue un modèle de réussite, tant au niveau du cheptel et de la culture que de sa gestion. De 1897 à 1991, la ferme des Sœurs du Saint-Rosaire a fait la fierté de la Congrégation. [...]. » (Soeur Thérèse Picard, La ferme des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire, Rimouski, mars 2008, p. 2).


Pour atteindre ses objectifs, la Congrégation achète son premier lot le 10 avril 1897 à l'endroit même où est actuellement située la maison mère, afin d'y aménager une ferme. La communauté pouvait en retirer de la nourriture (jardins, champs et animaux d'élevage), des matériaux (laine de mouton, cuir de vache) et du bois de chauffage. En plus de permettre de faire face aux difficultés financières, la ferme fournissait l'argent nécessaire à l'achat de biens que la Congrégation ne pouvait produire.
Les Sœurs du Saint-Rosaire ont acquis leurs premiers animaux d'élevage avant l'achat d’un premier lot grâce aux dots reçues par certaines religieuses. Ainsi, la communauté a reçu sa première vache en 1874, son premier mouton en 1883 et son premier porc en 1898. L'année 1920 voit se matérialiser la construction de la grange. Au fil des ans, de nombreux autres bâtiments sont construits (porcherie, poulailler, bergerie, etc.) et des terres sont acquises jusqu'en 1949.
Vu les difficultés d’en maintenir la rentabilité à partir des années 1980, les Sœurs du Saint-Rosaire prennent la décision de vendre leur troupeau de vaches à l'encan le 24 août 1989. À l'époque, le troupeau de 70 vaches laitières, 22 taures et plusieurs veaux était devenu l'un des meilleurs troupeaux du Québec. Pour sa part, le poulailler de 1500 poules sera vendu en 1991. Finalement, la Congrégation vend ses terres à la Ville de Rimouski le 11 février 1991. Aujourd'hui (2009), on trouve un quartier résidentiel à l'endroit même où les sœurs ont fait la culture et l'élevage pendant plus de 90 ans. Grâce à l'appellation de rues de ce nouveau quartier par le nom de religieuses marquantes du Saint-Rosaire, dont mère Élisabeth Turgeon et soeur Élise Picard (directrice de la ferme pendant 45 ans), la Congrégation est encore présente sur ces lieux.

Description


Sr Élise Picard, directrice de la ferme
© Archives R.S.R., Soumis à copyright

Dès l'achat du premier lot en 1897, il a toujours été établi que la ferme répondrait aux besoins alimentaires de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire. S'il y avait des surplus, l’excédent était vendu dans les commerces locaux ou donné aux plus démunis de la population rimouskoise. La communauté est graduellement devenue propriétaire de 601 arpents de terre. Chaque terre achetée recevait alors le nom d'un saint, comme la terre Saint-Joseph, la terre Saint-Antoine et la terre Saint-Jean. Avec l'ajout de terres, la Congrégation a possédé, en plus de la ferme laitière et un troupeau de boucherie: une porcherie, un poulailler, une bergerie, un immense jardin, de nombreux champs en culture (blé, orge, avoine, fourrage d'animaux, etc.), un rucher, un verger et une serre. Cette diversité est le résultat d'une vision d'excellence qui a toujours guidé les religieuses ayant la direction de la ferme.
La ferme des Sœurs du Saint-Rosaire est rapidement devenue un modèle d'excellence dans les domaines de la culture et de l’élevage grâce à la qualité de sa gestion, à la qualité de ses employés et aux conseils offerts par les agronomes de la région. Elle remportait fréquemment des concours dans les expositions agricoles. Si la direction de la ferme a toujours été sous la responsabilité d'une sœur de la Congrégation, les employés ont également joué un rôle majeur dans son l'évolution. Au cours de l'histoire de la ferme, les religieuses de la communauté ont travaillé dans tous les domaines liés à la ferme, de l'entretien du poulailler à la récolte des légumes au champ, en passant par le métier d'apicultrice. La ferme n'est plus en activité aujourd'hui, mais la communauté continue d'aménager à chaque printemps un jardin et d'entretenir son verger.
Il y avait aussi des rituels reliés à la ferme. Les traditions de la bénédiction des grains de semence au printemps et de la fête de la grosse gerbe à l'automne ont existé dans la communauté jusqu'à la vente des terres en 1990.

Apprentissage et transmission


La bénédiction de la machinerie agricole, 1959
© Archives R.S.R., Soumis à copyright

La direction de la ferme a constamment été sous la responsabilité d'une sœur de la Congrégation. Tout le savoir entourant la gestion de la ferme se transmettait entre directrices, chacune y apportant sa vision personnelle sans dévier de la volonté de la communauté.

Localisation

Municipalité: Rimouski
Région administrative: 01 Bas-Saint-Laurent
MRC: Rimouski-Neigette
Lieu: Maison mère de Rimouski, 300, allée du Rosaire, Rimouski, G5L 3E3
Téléphone: (418) 723-2705
Télécopieur: (418) 724-0922
Site Web: http://www.soeursdusaintrosaire.org

Source

Soeur Thérèse Picard
Lien avec la pratique : La sœur de Thérèse Picard, sœur Élise Picard, a été directrice de la ferme de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire pendant plus de 45 ans.

Enquêteurs : Roseline Bouchard, Maude Redmond Morissette
Date d'entrevue : 15 septembre 2009

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Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: