La pratique des arts visuels chez les Soeurs de l'Assomption de la Sainte Vierge — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

La pratique des arts visuels chez les Soeurs de l'Assomption de la Sainte Vierge

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Nicolet
Communauté religieuse: Soeurs de l'Assomption de la Sainte Vierge

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique technique et artistique (9245).

Historique général


Studio de sr Jeanne Vanasse
© Cliché IPIR 2009 soumis à copyright

Outre le dessin et la peinture, les arts plastiques de la congrégation comprennent au départ la sculpture de cire et la dentelle au fuseau, dont les motifs sont inspirés de la dentelle de Saxe et de Bohême. Au milieu du XXe siècle, la tapisserie de haute lisse ainsi que la sculpture et les émaux sur cuivre viennent enrichir les pratiques des arts plastiques au sein de la congrégation. Par ailleurs, les arts plastiques font partie de l’enseignement dans la congrégation dès ses débuts. 


C’est en 1855, soit deux ans après la fondation, que l’histoire de la congrégation mentionne pour la première fois la présentation d’une peinture réalisée par les sœurs et offerte à l’abbé Jean Harper, le fondateur. De 1856 à 1859, les sœurs reçoivent le soutien d’une personne séculière, madame Marmet, qui forme les religieuses à l’enseignement des arts. La pédagogie de l’époque s’appuie sur celle de Mgr Jean Langevin, évêque de Rimouski, et se concentre sur le dessin technique plus que sur le dessin artistique. 


Puis, au début du XXe siècle, une attention particulière est donnée à la copie d’œuvres d’art, à la faveur du départ en formation de religieuses à Montréal chez les Sœurs des Saints noms de Jésus et de Marie. En 1933, soeur Madeleine du Calvaire (Émilia Gélinas) est envoyée pour étudier cinq ans aux Beaux-Arts de Montréal et soeur Thérèse Marie (Luce Provencher) étudie le décor de théâtre aux Arts Appliqués. Quand soeur Émilia Gélinas revient de Montréal comme professeure, elle prend en charge le studio des arts, et ce, jusqu’en 1960. En 1938, le révérend père dominicain Alain-Marie Couturier est accueilli au studio. Grâce à lui, les religieuses se détachent de l’ancien modèle, ce qui donne une nouvelle impulsion à la pédagogie des arts de soeur Émilia Gélinas. Elle propose à ses élèves « d’inventer » par la couleur les objets peints. Elle complète son enseignement par des séances d’histoire de l’art, qui couvrent des périodes allant de la préhistoire à l’art contemporain et qui sont illustrées de projections. 


Dès les années 1950, les élèves du studio des arts de la congrégation participent à des expositions et à des concours, où ils ont un grand succès. En 1960, soeur Émilia Gélinas confie le studio à soeur Jeanne Vanasse, qui poursuivra d’abord son enseignement dans la congrégation, puis au CÉGEP de Trois-Rivières jusqu’en 1988.

Description


Tête en céramique
© cliché IPIR, soumis à copyright

Dès son retour des Beaux Arts, soeur Jeanne Vanasse prend en charge l’enseignement dans le studio d’arts visuels, soeur Émilia Gélinas poursuivant ses activités auprès des jeunes enfants. Très vite, les élèves participent à des expositions et reçoivent des récompenses. 


L’enseignement des arts est florissant dans la communauté : plusieurs religieuses donnent des cours, privés ou optionnels dans le parcours scolaire des élèves du collège. Parmi les arts enseignés, on retrouve le dessin, la peinture, la sculpture et la tapisserie.


Aujourd’hui, une soeur continue à produire des œuvres et à s’impliquer dans la galerie Manu Factum à Nicolet. Quant à Jeanne Vanasse, elle a donné récemment une conférence de trois heures au centre des arts populaires. Elle continue de peindre. Le thème du Cantique des Cantiques l’inspire depuis 1978 et son intérêt pour le sujet de l’Apocalypse va grandissant. Il ne s’agit pas d’une apocalypse terrifiante, mais bien de l’aboutissement normal de tout être humain, qui arrive à son oméga (l’alpha étant la Genèse). Ce thème se développe dans une série de tableaux où le Christ se présente en vainqueur. 


Jeanne Vanasse tient un journal quotidien de chaque tableau en cours. Elle donne le journal à l’acheteur du tableau, en même temps que l’œuvre. Les commandes continuent d’affluer.

Localisation

Municipalité: Nicolet
Région administrative: 17 Centre-du-Québec
MRC: Nicolet-Yamaska
Lieu: Nicolet, 251, rue Saint-Jean-Baptiste, Nicolet, J3T 1X9
Téléphone: (819) 293-2011
Télécopieur: (819) 293-5458
Site Web: http://www.sasv.ca/

Source

Soeur Jeanne Vanasse
Lien avec la pratique : Artiste peintre, elle a enseigné les arts visuels.

Enquêteurs : Maude Redmond-Morissette, Isabelle Becuywe
Date d'entrevue : 13 janvier 2010

Fiches associées

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Partenaires

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