La dévotion populaire au Sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

La dévotion populaire au Sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Trois-Rivières
Communauté religieuse: Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique de communication religieuse (9350), Prière (9352)
et sous Pratique religieuse (9300), Cérémonie (9310), Rassemblement religieux (9318).

Historique général


Le kiosque des bénédictions
© IPIR 2010, soumis à copyright

Depuis 1888, le Sanctuaire de Notre-Dame du Cap est reconnu comme un lieu de pèlerinage. Après le miracle du pont de glace et le prodige des yeux, de nombreuses personnes viennent se recueillir et prier au Sanctuaire. Il est un lieu reconnu et porteur de « vibrations positives » où est survenu un événement exceptionnel. Les gens ont le sentiment d'entrer dans un haut lieu de recueillement. Cette reconnaissance ne vient pas seulement des chrétiens, mais aussi des personnes sensibles à cette tradition cherchant réconfort et paix. Aujourd'hui, les pratiques de dévotion au sanctuaire ne sont plus uniquement des pratiques collectives reliées à la foi et à Dieu, mais font plutôt partie d'une spiritualité vécue individuellement et intérieurement.
Les gens viennent recevoir ou poser des gestes individuels, liés à des traditions très anciennes et universelles, telles qu'allumer un cierge, recevoir le geste de la bénédiction avec un peu d'eau bénite et marcher au flambeau pendant les processions de soir. Ces gestes les apaisent et les remettent en contact avec des éléments cosmiques, tels que l'eau et le feu.
Le geste de la bénédiction est aussi ancien que le monde et est posé par Dieu dès la création du monde. Dieu dit alors aux hommes: « Aimez-vous et multipliez-vous ». À la suite de Dieu, les croyants ont compris qu'ils pouvaient eux aussi vouloir du bien aux autres et demander la bénédiction du Seigneur. Ils ont donc perpétué cette tradition.
Antonyme de « maudire »,« bénir » signifie « dire du bien » en latin (benedicere). Le geste de la bénédiction, accompagné de l'imposition des mains ou le geste de verser de l'eau, est présent dans toutes les religions. Il est un signe très important et compréhensible par tous. Depuis toujours, les chamanes et les guérisseurs pratiquent l'imposition: geste par lequel ils transmettent leur puissance. De même, le prêtre, à la fin de la messe, bénit l'assemblée et porte une intention positive envers elle.

Description


La procession aux flambeaux, le geste de la lumière
© IPIR 2010, soumis à copyright

Comme dans tout lieu de pèlerinage, le sanctuaire est un lieu de dévotion populaire reconnu comme un lieu d'espérance et de paix. Les gens aiment venir y poser des gestes simples auxquels ils accordent une signification particulière. Les pèlerins vivent ici un sentiment de communion tout en restant anonymes et quoique croyants, ils ne sont pas forcément pratiquants. Les gens qui viennent au sanctuaire sont en recherche, en deuil, en questionnement ou en peine. Bien que le geste de la bénédiction ne soit pas le plus important aux yeux de l'église, il est celui qui répond le plus à la ferveur populaire et revêt une importance particulière pour les pèlerins.
Le geste de la bénédiction est accompagné de l'imposition des mains au-dessus de la tête ou par un signe de croix sur le front. Ce geste est hautement symbolique puisqu'il signifie que Dieu protège ses ouailles. Parfois les personnes viennent pour faire bénir un objet. En échange de ce geste, on s'engage à en faire un usage juste et raisonnable.
La proximité du fleuve apporte un sentiment de calme et de tranquillité aux visiteurs qui aiment déambuler dans le parc. De plus, il y a une source au sanctuaire qui donne une eau très claire. Elle est recherchée par les pèlerins qui viennent ensuite la faire bénir, comme un souvenir rapporté du lieu.
Les pèlerins allument également un cierge en hommage à la Vierge ou au Seigneur pour demander une faveur. Parfois, la journée du pèlerin se termine par une procession aux flambeaux. À la tombée de la nuit, la foule se promène dans le parc, torche à la main en chantant. Chacun développera sa propre interprétation de ces gestes et les accompagnera ou non de l'eucharistie.

Localisation

Municipalité: Trois-Rivières
Région administrative: 04 Mauricie
Lieu: Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, 626 rue Notre-Dame Est , Trois-Rivières, G8T 4G9
Téléphone: 819-374-2441
Site Web: http://www.sanctuaire-ndc.ca

Source

Père Hervé Aubin. o.m.i.
Titre, rôle et fonction : Le père Hervé Aubin fait, entre autres, les bénédictions aux kiosques des bénédictions du sanctuaire
Lien avec la pratique : Le père Aubin est entré chez les Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée en 1954. Il a été ordonné en 1960 et oeuvre au sanctuaire depuis 47 ans. Il a travaillé à l'organisation, à la prédication et à la pastorale auprès des pèlerins, mais il a aussi été directeur de la revue Notre-Dame-du-Cap et a travaillé au studio d'enregistrement.

Enquêteurs : Marie Renier, Imre Nogradi
Date d'entrevue : 15 juin 2010

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