Aider les autres: l'écoute et les petits travaux manuels des Visitandines — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique liée à un savoir-faire

Aider les autres: l'écoute et les petits travaux manuels des Visitandines

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse Ste-Anne-de-la-Pocatière
Communauté religieuse: Ordre de la Visitation (Visitandines)

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique coutumière (9242)
et sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Description


Sœur Suzanne Garneau, la téléphoniste de la communauté des Visitandines, à La Pocatière
© IPIR 2010, soumis à copyright

Au monastère de la Visitation, à La Pocatière, chaque religieuse est chargée de tâches adaptées à sa santé, à ses compétences et à ses talents. En plus des tâches journalières dans la communauté, les soeurs effectuent plusieurs petits travaux manuels, dont les produits sont vendus à la réception du monastère. Les Visitandines s'occupent également de recevoir des appels d'aide venant de l'extérieur. Ces divers travaux manuels vont de la reprise invisible, technique permettant de réparer les accrocs aux vêtements et de les restaurer dans leur état original, à la confection de cartes de souhaits ornées de fleurs séchées ou de cartes brodées. Les religieuses préparent également des retailles d’hosties pour les vendre dans les magasins de la ville. Certaines s'adonnent à la calligraphie et réalisent des commandes, concevant par exemple le Livre d'or de la Ville de La Pocatière.

Ouvertes sur le monde, les Visitandines sont également à l'écoute et offrent une assistance par téléphone aux personnes qui le désirent. Cette tâche est importante puisqu'elle fait partie de l'accueil, une mission que s'est donnée l'ordre. Soeur Suzanne est par exemple réceptionniste depuis 1974, prenant les appels et faisant du counselling au téléphone: « Les personnes ont besoin d’être encouragées. Elles ont beaucoup de problèmes, de la maladie ou des problèmes familiaux. J’essaie de les aider, toujours avec la grâce de Dieu. Quand je décroche l’appareil, je dis : Seigneur, il faut que ce soit toi qui parle! ». Selon sœur Suzanne, être à l’écoute des gens est une tâche ardue qu'elle accepte avec dévouement :« Je demande à Dieu de mettre sur mes lèvres ce qu’il veut que la personne entende. Souvent, je dois parler de ma situation. Je leur dis que je ne vois pas et je leur demande: Que sentez-vous? Sentez-vous que je suis malheureuse? La réponse est : Ah, non! Vous semblez joyeuse et heureuse! Je leur dis alors: Ce bonheur que vous sentez, il est réel, mais il ne vient pas de moi. C’est Dieu qui le met en moi ». Soeur Suzanne se dit particulièrement touchée lorsque les personnes aidées reviennent pour témoigner de l’effet positif de ses paroles et pour la remercier.

Soeur Suzanne travaille 24 heures sur 24, portant en tout temps un téléphone cellulaire. Les appels reçus proviennent de partout au Québec et durent environ de 15 à 20 minutes. Pourquoi ceux dans le besoin appelent-ils dans une communauté plutôt que dans un autre organisme d’aide? Selon soeur Suzanne, « c’est parce qu’ils croient. L’appel ne répond pas uniquement à un besoin de se confier, mais c'est également un acte de foi.» Ce travail est, pour la religieuse, sa manière de contribuer au charisme de la communauté. Semi-voyante, elle trouve dans le service de téléphoniste un moyen d’aider les autres et de servir la volonté de Dieu.


Sœur Suzanne effectue également divers travaux, tricotant par exemple de petites couvertures pour les bébés et bricolant des cartes pour le magasin à l’entrée du couvent. Elle fabrique également des médaillons du Sacré-Cœur, à l’intérieur desquels se trouvent les promesses du Sacré-Cœur, la médaille miraculeuse, un petit Évangile et un bref de saint Antoine. Ces médaillons ne sont pas destinés à la vente, mais plutôt donnés aux visiteurs. Ce travail manuel, accompli uniquement par sœur Suzanne, lui permet, selon ses propres mots, « de rester unie à Dieu ».


La réalisation de ces différentes tâches représente, pour sœur Suzanne, une manière de se rendre utile à la communauté. Le service de téléphoniste lui permet de prier en silence et de se sentir unie à Dieu. Les occupations quotidiennes et les travaux manuels ne nuisent pas à la prière. Ils protègent plutôt du danger du «laisser-aller» son imagination. Le silence n'est pas vide, mais présence vivante au Dieu vivant, silence de communion.

Apprentissage et transmission


Au bout du fil, sœur Suzanne joue le rôle de guide spirituel pour les personnes en détresse
© IPIR 2010, soumis à copyright

Les travaux, non obligatoires, se déroulent pendant la récréation, après les repas du midi et du soir. Les sœurs se rassemblent dans la salle de la communauté, où elles assistent à des lectures et des conférences, en plus de discuter de l’actualité. Elles s'occupent à divers travaux tout en se recréant, tricotant, brodant ou jouant aux cartes.

Localisation

Municipalité: La Pocatière
Région administrative: 01 Bas-Saint-Laurent
Lieu: Monastère de la Visitation, 1430, 4e Avenue, La Pocatière, G0R 1Z0
Téléphone: (418) 856-3243
Télécopieur: (418) 856-3243
Site Web: http://www.visitandinescanada.com

Source

Soeur Suzane Garneau
Titre, rôle et fonction : Soeur Suzanne Garneau est réceptionniste et prend les appels venant de l'extérieur. Elle exécute aussi des travaux manuels et tricote, entre autres, des vêtements pour bébé.
Lien avec la pratique : Sœur Suzanne Garneau est semi-voyante. Malgré son handicap, sœur Garneau a fait son entrée au monastère de la Visitation de Lévis à 22 ans.

Enquêteurs : Daniela Moisa, Maude Redmond-Morissette, Valérie Vachon-Bellavance
Date d'entrevue : 16 septembre 2010

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Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: