La tradition autochtone dans les les rituels catholiques à Odanak — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

La tradition autochtone dans les les rituels catholiques à Odanak

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Groupe: La communauté d'Odanak
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Nicolet
Paroisse, congrégation ou équivalent: Saint-François-de-Sales (Mission Abénakis) (Odanak)

Classé sous Pratique religieuse (9300), Cérémonie (9310), Office (9311).

Historique général


Baptême d'Alexandra
© IPIR 2010, Soumise à copyright

La première chapelle en bois est érigée à Odanak vers 1700. Elle sera incendiée en 1759 lors de la Conquête. L'édifice reconstruit en 1760, sera détruit par les flammes en 1815. Une église en pierre sera alors érigée en bordure de la rivière. Après des dommages accasionnés par la foudre, elle sera restaurée en 1902. Les protestants construisirent une chapelle en 1835, les anglicans en 1866.


Pendant plus de trois siècles, la communauté catholique d’Odanak a vécu de nombreux changements. Autrefois, la communauté abénaquise catholique se conformait aux rites traditionnels catholiques tout comme les autres communautés catholiques du Québec.  À partir des années soixante, avec Vatican II et une plus grande ouverture de l'Église pour les traditions autochtones, les rituels ont été modifiés afin de respecter les coutumes améridiennes ancestrales. L'abbé Rémi Dolan, curé de la mission de 1959 à 1975, a mis en valeur la culture abénaquise avec doigté. Il a organisé la commémoration du tricentenaire  d’Odanak et a favorisé la tenue des pow-wow et la fondation du musée des Abénakis.   


À Odanak, depuis l’émergence des pow-wow dans la communauté, en 1960, les gens sont plus nombreux à participer à la messe qui a été adaptée à la culture abénaquise et qui se déroule maintenant en français. Aujourd'hui, les objets utilisés et les gestes posés dans les rites religieux catholiques sont teintés par les croyances traditionnelles abénaquises. 

Description


Rituel de la plume lors d'une cérémonie de baptême
© IPIR 2010, Soumise à copyright

Les grandes fêtes religieuses et les cérémonies liées à la naissance et à la mort prennent une place importante dans la communauté catholique d'Odanak. Depuis 2000, l’abbé Pierre Houle célèbre des baptêmes dans la nature. Selon lui, dans un environnement naturel les participants deviennent très réceptifs à l’accueil de Dieu. Généralement, la cérémonie se déroule près d’une rivière ou d’un lieu significatif pour la famille. Normalement, les baptêmes doivent avoir lieu dans l’enceinte de l’église, mais l’évêque accepte qu’ils se déroulent à l’extérieur. 


Lors de la cérémonie, le curé utilise la plume d’aigle, qui représente la légèreté et la résistance, en plus d’être un instrument de prise de parole traditionnel chez les Abénaquis.Il effleure les joues de l'enfant avec une plume d'aigle. Après la cérémonie, il y a la pelletée de terre devant l'église et un arbre est planté, représentant la croissance et l'enracinement de l'enfant nouvellement baptisé dans sa communauté. La ceinture wampum peut aussi être utilisée lors des baptêmes, ses perles représentant les vœux de tous les membres de la communauté à l’endroit de l’enfant. On touche le front de l’enfant avec les perles puis la marraine les assemble ensuite en wampum. L’abbé Houle a aussi intégré une prière pour les quatre points cardinaux, un symbole important chez les Abénaquis. 


Pour les funérailles, l'abbé Pierre Houle préfère ne pas célébrer de cérémonies trop métissées. Toutefois, il a accepté, à l’occasion des funérailles d’Albert O’bomsawin, un ancien chef de bande, de diriger une cérémonie dans la salle communautaire avec une procession d’offrandes d’objets particuliers. Un panache a été mis en terre, et une statue d’aigle a été confectionnée. Dans le cas du décès d’un membre de la communauté, deux ou trois membres du conseil de bande prennent part à la cérémonie. Lors du décès d’un chef, les gens de la communauté revêtent leurs costumes traditionnels. 


L’abbé Houle est ouvert à ce que les traditions de la culture abénaquise soient intégrés aux rituels. Le déroulement des cérémonies, les gestes à poser et les objets à utiliser dans les rituels font l'objet d'une entente avec les principaux paroissiens impliqués.  Pour l'eucharistie, par exemple, la bannique, le pain traditionnel de plusieurs premières nations, est utilisée au lieu de l’hostie. Avec le temps, la communion avec le pain et le vin a été délaissée, le nombre grandissant de participants à la messe rendant cette tradition difficile à pratiquer. Toutefois, lors de grandes occasions, pour la fête du Saint-Sacrement au mois de juin et le Jeudi saint, on fait revivre cette tradition. 


 

Localisation

Municipalité: Odanak
Région administrative: 17 Centre-du-Québec
Lieu: Fabrique Saint-François-de-Sales, 116, rue Waban-Aki, Odanak (Qc), J0G 1H0
Téléphone: 450-568-5864 / 450-568-3113
Télécopieur: 450-568-0034

Source

Monseigneur Pierre Houle
Lien avec la pratique : Curé de la mission Saint-François-de-Sales

Enquêteur : Valérie Roussel
Date d'entrevue : 10 août 2010, 10 août 2010

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