Les Soeurs de la Charité de Québec aux États-Unis — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Les Soeurs de la Charité de Québec aux États-Unis

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Soeurs de la Charité de Québec

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Historique général


Fondatrices de l'orphelinat Franco Américain à Lowell, 1908
© Archives Soeurs de la Charité de Québec, soumis à copyright

L'implantation des Sœurs de la Charité de Québec aux États-Unis s'est uniquement réalisée dans l'état du Massachusetts. Trois missions distinctes ont vu le jour vers la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Les Sœurs de la Charité de Québec font une première incursion aux États-Unis en 1890, lorsque le curé de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes de Fall Rivier, Jean-Alfred Prévost, demande l'assistance de la communauté pour prendre en charge l'orphelinat Saint-Joseph. Puisque leur orphelinat accueillait des jeunes filles pauvres de parents franco-américains, la paroisse privilégiait la venue de religieuses francophones. 


En plus de la responsabilité de l'orphelinat, les religieuses de la Congrégation enseignaient dans les écoles publiques et elles ont, notamment, ouvert un jardin d'enfants en 1901. En 1964, l'orphelinat ferme ses portes et le Mount St-Joseph School devient un externat et un pensionnat fermé en 1979. Au moment de quitter Fall River en 1986, les Sœurs de la Charité de Québec remettent le bâtiment au diocèse. 


Lors de l'ouverture de l'orphelinat franco-américain de Lowell en 1908, le père Joseph Campeau, de la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, fait appel aux Sœurs de la Charité de Québec, déjà présentes à Fall River, pour assurer l'éducation en français des orphelins. Ces orphelins venaient de familles franco-américaines. En 1963, l'orphelinat ferme, mais la communauté poursuit son œuvre à Lowell en ouvrant le pensionnat-externat, le Franco-American School. En 2010, bien que l'école n'appartienne plus à la Congrégation, deux religieuses des Sœurs de la Charité de Québec travaillent toujours à la direction de l'établissement. 


En 1917, les Sœurs de la Charité de Québec sont appelées à ouvrir une troisième mission au Massachusetts, l'œuvre du Patronage pour la protection des jeunes filles ouvrières qui travaillent dans les manufactures à New Bedford. Projet de l'abbé Omer Valois, l'œuvre du Patronage n'existe que pendant trois années et elle est, en 1920, transformée en résidence pour dames âgées. Elle prend le nom de Maison du Sacré-Cœur et elle conserve la même vocation jusqu'à nos jours. En 2010, l'œuvre existe toujours, mais les deux religieuses de la communauté qui s'occupaient de la pastorale à la Maison du Sacré-Cœur de New Bedford ont quitté en septembre 2010.

Description


Classe de l'école Saint-Joseph, Fall River, 1923
© Archives Soeurs de la Charité de Québec, soumis à copyright

La présence accrue de Franco-Américains a favorisé la venue de religieuses francophones aux États-Unis à la demande des clergés locaux. Au Massachusetts, les Sœurs de la Charité se sont implantées là où le bassin de francophones était important ; elle favorisaient la conservation du français auprès des jeunes. Que ce soit dans les orphelinats, les écoles ou auprès des personnes âgées, le français était la langue utilisée par les religieuses en tout temps. Le français a été omniprésent jusqu'au milieu du 20e siècle, au moment où la langue anglaise est devenue le moyen de communication quotidien dans la population. Les Sœurs de la Charité de Québec ont dû s'ajuster à cette nouvelle réalité. 


En plus d'avoir pour mission de préserver la langue française auprès des populations, les Sœurs de la Charité de Québec avaient aussi pour objectif la transmission des valeurs chrétiennes et, plus particulièrement, de l'esprit de Mère Marcelle Mallet. Les religieuses portaient une profonde compassion pour les pauvres, un dévouement constant et une bonté sans pareille auprès des étudiants et se donnaient comme devoir d'apporter la joie partout où elles étaient. 


Au fil des ans, de nombreuses sœurs québécoises ont œuvré dans l'une des trois missions américaines. La présence de la communauté au Massachusetts a aussi fait naître de nouvelles vocations. Tandis que les premières américaines entraient au noviciat de Québec, à partir de 1968, les nouvelles postulantes fréquentaient le noviciat de Fall River. Le noviciat a été transféré à Lowell en 1985, mais il a fermé ses portes depuis ce temps.

Localisation

Municipalité: Québec
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
Lieu: Maison généralice, 2655, rue Guillaume-Le Pelletier, Québec, G1C 3X7
Téléphone: (418) 628-8860

Source

Soeur Gilberte Durette
Lien avec la pratique : Née en 1928 à Fall River, Massachusetts, d'un père québécois et d'une mère franco-américaine, sœur Gilberte Durette fréquente, pendant sept années, l'orphelinat Saint-Joseph de Fall River, tenu par les Sœurs de la Charité de Québec. Durant ce séjour, soeur Durette est témoin de la bonté et de la compassion des religieuses. Elle fait son entrée au noviciat des Sœurs de la Charité de Québec en 1945. Elle a œuvré dans les différentes missions de la communauté aux États-Unis, de 1952 à 1999.

Enquêteurs : Maude Redmond Morissette, Sylvianne Lagueux-Tremblay
Date d'entrevue : 4 mars 2010

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